Greek bashing

Bravo à Jean Quatremer, spécialiste du Greek bashing et qui aura réussi un miracle. Transformer un Syriza-sceptique comme votre serviteur en défenseur d’Alexis Tsipras. Dans un article de son blog où il évoque la question des dommages de guerre réclamés … Lire la suite

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Du gauchisme au patriotisme de gauche: la métamorphose de Syriza?

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Tsipras en nouveau Pométhée. La couverture de « The Week. »

Syriza n’a jamais été notre tasse de thé, ni notre verre d’Ouzo.

Mais en ce début du mois de février 2015, comment qualifier les premiers pas de la politique du gouvernement de coalition d’Alexis Tsipras?

Peut-on parler d’une métamorphose de Syriza?

En 2012 nous présentions le (ou les) programme(s) contradictoire(s) de la « nébuleuse Syriza », un parti aux multiples facettes qui comptait aussi bien des courants maoïstes, qu’anarchistes ou des entités atypiques comme le déroutant « Dikky », que d’aucuns pourraient qualifier de gauchiste-nationaliste (nationaliste, « socialiste » et anti-américain).

Ces dernières années, de nombreux cadres de Syriza se sont faits remarquer par des propos assez « légers » en matière de politique étrangère (avec des expressions comme « la mer Egée appartient à ses poissons », pour régler la question des revendications turques en mer Egée), et son angélisme en matière d’immigration clandestine.

Les premiers pas de Syriza au pouvoir semblent montrer autre chose.

Pour devenir un parti de gouvernement, Syriza semble d’abord être sorti de certaines de ses positions ataviques primaires, comme son hostilité envers Israël au nom de la solidarité avec les Palestiniens (voir à ce propos, les propos rassurants du nouveau ministre de la défense, appartenant à ses alliés des « Grecs indépendants » au sujet du rapprochement gréco-israélien).

La visite d’Alexis Tsipras au mémorial de Kaisariani, à l’Est d’Athènes, où de nombreux résistants grecs furent exécutés par les troupes allemandes pendant la deuxième guerre mondiale, juste après son élection, peut être interprétée comme un message en forme de défi, en direction de l’Allemagne – même si on peut aussi l’interpréter comme un hommage aux résistants de gauche (200 résistants communistes y furent fusillés par les Allemands le 1er mai 1944).

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A Nicosie, les « sépultures emprisonnées », où reposent des combattants chypriotes pendus ou tués au combat par les Britanniques entre 1954 et 1959.

La visite d’Alexis Tsipras à Chypre, très peu de temps après son élection, a également donné l’image d’un gouvernement sensible aux « questions nationales », comme le soutien de la Grèce à Chypre (en vertu d’un traité, la Grèce est normalement l’une des puissances garantes de la République de  Chypre, une obligation qu’elle n’a jamais vraiment été en mesure de mettre en oeuvre, surtout depuis l’occupation du nord de Chypre par l’armée turque, après l’invasion de 1974). A Chypre, Alexis Tsipras s’est rendu dans les anciennes prisons de Nicosie, où sont enterrés des Chypriotes grecs exécutés ou tués au combat par les Britanniques entre 1954 et 1959, dans le cadre du combat anti-colonial des Chypriotes, pour le rattachement de Chypre à la Grèce (dans un contexte où Chypre était une colonie britannique). Lors de l’invasion turque de 1974, ce mémorial sera défendu par des volontaires chypriotes afin de ne pas tomber entre les mains des troupes turques. Le message laissé par Alexis Tsipras sur le livre d’or n’est pas dépourvu d’accents patriotiques : « l’héroisme et le sacrifice des combattants de la lutte de Chypre, constitue une source inépuisable d’inspiration pour tout l’hellénisme. Les idéaux des combattants de la liberté pour une Chypre unie et libérée de troupes d’occupation demeurent comme jamais d’actualité. De même que notre désir de voir le peuple chypriote libre et uni regarder à nouveau l’avenir avec optimisme » (les Grecs désignent par le mot « hellénisme » le monde grec en général – ces mots de Tsipras étant d’autant plus forts que le mouvement auquel appartenaient ces combattants n’était nullement de gauche). Le message laissé par Alexis Tsipras sur le livre d’or du Palais présidentiel de la République de Chypre n’est pas non plus passé inaperçu. Tsipras y pose clairement le problème en ces termes: « la question de l’invasion et de l’occupation de la partie nord de l’île. »

Point de pudibonderies idéologiques, donc : Tsipras se pose clairement en dirigeant grec.

En bref, Alexis Tsipras semble avoir compris qu’il lui fallait montrer une image plus responsable, plus réaliste, plus soucieuse des intérêts géo-stratégiques de la Grèce et de ses engagements, que la caricature « gauchiste » (le terme est surrané mais il désigne ici bien les choses) qu’ont trop souvent revêtu ses différentes composantes (souvent indifférentes aux questions nationales, perçues comme contraires à l’analyse de classe).

Reste à savoir si la pratique réorientera aussi la politique du parti en matière migratoire. La Grèce, porte d’entrée de l’Union européenne, peut-elle faire preuve de laxisme au risque de mettre en péril un certain nombre d’équilibres ? Quel impact la conception très ouverte de la citoyenneté grecque, toujours défendue par Syriza, aura-t-elle sur les flux migratoires? Quels compromis seront-ils faits sur ces questions avec les Grecs indépendants ?

Varoufakis dans un documentaire tourné aux débuts de la crise grecque https://www.youtube.com/watch?v=sBeR_sOaqmI

Varoufakis présentant un documentaire tourné aux débuts de la crise grecque https://www.youtube.com/watch?v=sBeR_sOaqmI

En matière de politique économique, Yanis Varoufakis, ministre des finances depuis les élections de janvier 2015, avait annoncé dès décembre 2014, que l’arrivée au pouvoir de Syriza pouvait conduire la Banque centrale européenne à couper les liquidités aux banques grecques en refusant leurs obligations, de façon arbitraire. Et que si Syriza n’allait pas jusqu’au bout de ce bras de fer, cela ne valait pas la peine de remporter les élections (c’était prémonitoire).

Le gouvernement actuel semble décidé à engager ce bras de fer avec l’Allemagne.

Mais il suffit de visionner les nombreuses interventions de Varoufakis, disponibles sur Internet, pour comprendre que s’il est profondément hostile à la gestion technocratique de la crise par l’Union européenne, il a toujours défendu des objectifs modérés (maintien dans l’euro, car la sortie de l’euro serait un mécanisme encore plus catastrophique, réforme et adaptation du capitalisme plutôt que sa destruction) qui tranchent avec les plus extrémistes de Syriza.

Varoufakis est déterminé, mais malgré ses airs de rocker, ce n’est ni un excité ni un irresponsable. Le choix de Tsipras de le nommer ministre des finances est donc lourd de sens.

Peut-être avons-nous tort, mais il nous semble que face à la réalité du pouvoir, Syriza est de moins en moins un parti de la gauche radicale à la Besancenot ou à la Mélenchon, et de plus en plus un parti de gauche patriotique d’un genre nouveau.

Après tout, rester fidèle à un programme économique de gauche, tout en prenant en compte les préoccupations du peuple grec sur son avenir en tant que peuple, sur son identité, sur ses frontières qui sont celles de l’Europe : ne serait-ce pas le meilleur moyen pour Syriza de rester fidèle à ceux qui l’ont porté au pouvoir.

Peut-être aussi nous trompons-nous complètement.

Syriza est pour nous, un grand point d’interrogation : ses cadres n’ont pas changé. Comment son idéologie (ses idéologies) changerai(en)t-elle(s).

Et pourtant, comment nier que Tsipras porte sur lui l’espoir fou de tout un peuple, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour lui, et que ses premières prises de position désarçonnent les « gauchistes » les plus dogmatiques ?

Faisons donc le pari que quelque chose, à la tête de Syriza, a profondément changé.

Il est toujours hasardeux de se risquer à un pronostic. C’est fait. Nous verrons…

Et puis, non, Syriza n’est toujours pas notre tasse de thé. Mais comme tous ceux qui aiment la Grèce devraient le faire, souhaitons-leur bonne chance. Et surtout, bonne inspiration.

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Panos Kamménos, antisémite? Un autre son de cloche.

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Nous avons retrouvé les déclarations de Panos Kamménos, le nouveau ministre de la défense, allié de Syriza au sein de la coalition gouvernementale grecque. Celles qui lui ont valu d’être traité d’antisémite par Daniel Cohn-Bendit et la presse occidentale. Panos … Lire la suite

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Les Grecs indépendants

En ce mois de janvier 2015 l’Europe découvre le parti des « Grecs indépendants » depuis l’alliance de son annonce avec SYRIZA.

« Europe Grèce » les avait présentés à l’occasion des élections de 2012, critiquant le fait que la presse européenne ne les mettait pas en avant.

Les deux billets sont ici (et à remettre dans le contexte de 2012):

L’Europe ignore les « Grecs indépendants »… et se fascine pour Aube dorée.

https://europegrece.wordpress.com/2012/05/09/fixation-de-la-presse-europeenne-sur-laube-doree-et-les-grecs-independants/

Politique : qui sont les « extrêmes » et les nouveaux partis grecs ?

https://europegrece.wordpress.com/2012/04/15/politique-qui-sont-les-extremes-grecs-2eme-partie-de-la-grece-prise-entre-les-extremes-et-les-tentationsexotiques-lue-absente-des-espoirs-grecs/

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Elections de janvier 2015

Les élections législatives de janvier 2015 et la victoire de Syriza sont largement commentées par la presse francophone.

Je ne me sens donc pas le besoin de trop les commenter sur le blog, dont l’objet est de parler des aspects dont la grande presse ne parle pas.

Les mois qui ont précédé l’élection, le Premier ministre Samaras semblait avoir du mal à convaincre ses partenaires européens d’alléger les mesures qui pèsent sur la Grèce.

Même les opposants à Syriza espèrent que sa victoire provoquera un électrochoc chez les dirigeants européens, pour obtenir ne serait-ce qu’un petit allègement de la rigueur.

Nul ne peut mesurer les conséquences de l’arrivée au pouvoir de Syriza. Celles-ci dépendront largement de la question de savoir quelle sera la place donnée par Alexis Tsipras aux idéologues les plus obtus et les moins réalistes, aux franges les plus extrêmes de cette véritable nébuleuse fourre-tout qu’est Syriza.

Outre les questions économiques, se pose aussi la question de la politique de Syriza dans le domaine de l’immigration de masse, l’un des autres grands enjeux qui est en train de transformer le visage de la Grèce.

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Quoi de (vraiment) neuf sous le soleil grec?

Pas d’article depuis mai 2014 sur « Europe Grèce. »

Par peur de se répéter.

Les jeunes Grecs continuent de quitter le pays – on en croise de plus en plus à l’étranger, et leurs histoires sont un peu toujours les mêmes.

Cela résume tout en soi, il n’est pas besoin d’en dire plus.

A l’Est rien de nouveau.

Mon respect aux plus démunis qui font le choix de rester malgré tout, même quand ils auraient la possibilité de partir.

N’en déplaise à un certain discours, quitter ses racines est une douleur que certains veulent s’éviter à tout prix.

« Europe Grèce » continue de recevoir des visiteurs malgré l’absence de publications récentes. L’un des articles les plus consultés ne concerne pas directement les Grecs, mais les Turcs, et leurs origines.

Lorsque les choses ne vont pas très bien il reste pour trouver la force les proches, la culture, et pour certains la religion.

Un petit tour donc, du côté des Météores.

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Elections européennes du 25 mai 2014 en Grèce: le comparatif entre juin 2012 et mai 2014.

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En 2012 nous avions suivi le premier tour des élections législatives grecques. Voici un comparatif entre les chiffres  du second tour des élections législatives de juin 2012, et ceux des élections européennes du 25 mai 2014 (tels qu’estimés le 26 … Lire la suite

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