Mieux connaître les ministres grecs.

Kotzias et Varoufakis : des ministres qui écrivent.

Dans un précédent billet je titrais « Du gauchisme au patriotisme de gauche: la métamorphose de Syriza? »

kotziasCe que j’ignorais c’était que l’une des figures du gouvernement Syriza venait justement de signer un livre intitulé « Le patriotisme et la gauche » paru en décembre 2014.

Et pas n’importe qui. Nikos Kotzias, devenu ministre des affaires étrangères du premier gouvernement Syriza.

Le livre de cet universitaire développe une vision démocratique et sociale du patriotisme, qu’il oppose au nationalisme d’extrême droite. Néanmoins, l’alliance de Syriza avec les Grecs indépendants prend un autre sens.

Pour comprendre le nouveau gouvernement grec il peut paraître important de lire :

« Le patriotisme et la gauche » de Nikos Kotzias paru uniquement en grec, et dont les lecteurs grécophones pourront avoir un aperçu sur son site

– mais aussi pour la politique économique : « Le Minotaure planétaire: L’ogre américain, la désunion européenne et le chaos mondial » de Yanis Varoufakis, actuel ministre des Finances grec, paru en français dans sa plus récente édition où il prédit que l’économie américaine jouera encore un rôle hégémonique.

Minotaure_planétaireCeci, outre sa « Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro » co-rédigée avec Stuart Holland  en 2012, et ses nombreuses conférences disponibles sur Youtube.

Rarement la pensée d’un ministre grec aura été si largement accessible à l’extérieur du pays.

Le choix du gouvernement Tsipras semble donc clairement d’écarter les éléments les plus extrêmes et les moins réalistes de Syriza au profit de francs-tireurs qui tentent de manier la synthèse et le compromis, tout en restant fermes sur un certain nombre de positions.

Reste à voir quelle sera sa politique migratoire : réaliste et ferme, ou idéaliste et naïve. Les premières déclarations d’Alexis Tsipras au Parlement grec semblent aller vers l’idéalisme, et il faudra être attentif aux détails de la nouvelle loi sur la naturalisation des enfants de migrants. Celle-ci peut avoir un impact direct sur les autres pays européens, si le message envoyé aux passeurs et trafiquants de chair humaine est que la Grèce, porte d’entrée de l’Union européenne, est le nouvel Eldorado juridique des migrants.

A notre connaissance, Syriza n’a jamais pensé la question migratoire autrement qu’en suivant deux axes : les droits de l’homme et l’idée que la question de l’immigration en Grèce doit être partagée avec les partenaires européens. Le Greek bashing s’est nourri de l’idée que les autres Européens devaient payer pour les erreurs des Grecs en matière économique; espérons que Syriza ne donnera pas prétexte à l’alimenter par l’idée qu’ils devront aussi payer pour la « générosité » grecque en matière migratoire.

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