Les arguments du Parlement européen contre la Troïka et les politiques passées en Grèce

La presse a fait grand bruit du fait que le gouvernement d’Alexis Tsipras mis au pouvoir par les urnes en janvier 2015 ne voulait pas de la Troïka – les représentants de la Banque centrale européenne, de l’Union européenne et du Fonds monétaire international auprès desquels les précédents gouvernements grecs devaient rendre des comptes.

Le 13 mars 2014 le Parlement européen a adopté une résolution « sur le rapport d’enquête sur le rôle et les activités de la troïka (BCE, Commission et FMI) dans les pays sous programme de la zone euro (2013/2277(INI)) .»

Cette résolution est truffée d’arguments contre la Troïka.

Le Parlement européen :

« 66.  demande, tout d’abord, l’application de règles de procédure précises, transparentes et contraignantes aux relations entre les institutions membres de la troïka et à la répartition des fonctions et des responsabilités au sein de celle-ci; est fermement convaincu de la nécessité de définir et de répartir clairement les tâches afin de renforcer la transparence ainsi que de permettre un meilleur contrôle démocratique de la troïka et de renforcer la crédibilité de son travail;

67.  demande l’élaboration d’une stratégie de communication améliorée pour les programmes d’assistance financière actuels ou futurs; tient à ce que cette préoccupation se voie accorder la plus haute priorité, dans la mesure où l’inaction dans ce domaine finira par nuire à l’image de l’Union;

68.  demande que soit analysés dans la transparence l’octroi de contrats à des consultants externes, l’absence d’appels d’offres publics, le niveau très élevé des rémunérations versées et les éventuels conflits d’intérêts; »

En bref : opacité, règles de fonctionnement imprécises. L’arbitraire n’est pas loin et le contrôle démocratique de la Troïka, absent.

Autre argument en faveur des mesures humanitaires rendues nécessaires, selon le nouveau gouvernement grec, par la politique d’austérité, le Parlement européen :

« 69.  rappelle que la position adoptée par le Parlement sur le règlement (UE) n° 472/2013 impliquait l’instauration de dispositions exigeant que les programmes d’ajustement macroéconomique comportent des plans d’urgence en cas de non-réalisation des scénarios de référence prévus et en cas de glissement causé par des circonstances échappant au contrôle de l’État membre bénéficiant d’une assistance, par exemple en cas de choc économique international inattendu; souligne que de tels plans sont une condition indispensable de toute politique prudente étant donné la fragilité et le manque de fiabilité des modèles économiques qui sous-tendent les prévisions des programmes, comme on a pu le constater dans tous les États membres faisant l’objet de programmes d’assistance; »

Et sur la nécessité de revoir la politique de la dette, le Parlement européen :

« 72.  demande à la troïka de procéder d’urgence à de nouvelles évaluations de la viabilité de la dette afin de répondre à la nécessité de réduire la charge de la dette publique grecque ainsi que les substantielles sorties de capitaux que connaît la Grèce, qui contribuent grandement au cercle vicieux caractérisant la dépression économique actuelle dans ce pays; rappelle qu’il existe, hormis l’application d’une décote au capital des obligations, plusieurs possibilités de restructuration de la dette, comme l’échange d’obligations, l’extension des échéances de maturité des obligations ou encore la réduction des coupons; estime qu’il convient d’examiner attentivement les diverses possibilités de restructuration de la dette; »

L’argumentaire du gouvernement grec actuel est très proche de celui-ci.

Outre la légitimité démocratique dont il bénéficie suite à son élection, le gouvernement grec peut rappeler que le Parlement européen, lui aussi issu des urnes, a déjà largement mis en doute la politique suivie jusqu’alors.

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2 commentaires pour Les arguments du Parlement européen contre la Troïka et les politiques passées en Grèce

  1. Magne deux dit :

    Le gouvernement est certes légitime mais le système électoral Grec permet à un parti minoritaire de gouverner, 36% pour Syriza c’est loin de représenter l’ensemble des Grecs, l’alliance avec ANEL doit faire grincer des dents dans l’aile ou les ailes gauches de Syriza, nous verrons quand des projets de lois controversées en Grèce viendront devant la Vouli (naturalisation, mariage civil pour les homosexuels) qui votera, d’ailleurs il me semble que l’élection présidentielle arrive…

    • europegrece dit :

      Bonjour. L’élection présidentielle en Grèce a un intérêt institutionnel mais pratiquement aucun intérêt politique. Le président en Grèce a pratiquement aussi peu de pouvoirs qu’en Italie ou que la Reine d’Angleterre. En France le système à deux tours qui oblige à éliminer le moins bon n’apporte pas de vrai soutien majoritaire au gagnant non plus, sans compter l’abstention. Merci pour le commentaire

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