La fin de l’industrie lourde grecque?

elvoComment redresser la Grèce et la rendre indépendante des aides européennes, sans encourager la production industrielle locale?

Les dernières industries lourdes de Grèce sont menacées de disparition.

Après avoir rejeté les projets de réforme qui devaient mener à leur privatisation,  la Troïka (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne) vient en effet de demander la liquidation de deux sociétés d’armement liées au secteur public, sans indemnisation des salariés  (les sociétés EAS et ELVO) outre celle de la société minière LARKO, qui satisfaisait il y a peu jusqu’à 6% de la demande européenne en nickel.

La société ELVO (« ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΒΙΟΜΗΧΑΝΙΑ ΟΧΗΜΑΤΩΝ » ou « industrie grecque de véhicules ») est une entreprise historique spécialisée dans les véhicules militaires mais aussi les autobus, ambulances, véhicules de lutte anti-incendie, etc. Créée en 1972, à l’origine filiale de la société autrichienne Steyr, puis devenue entreprise publique et partiellement privatisée en 2000, elle est actuellement gérée par l’état grec depuis la démission du groupe privé « MYTILINAIOS A.E. » qui la détenait à 43%.

La presse grecque et les salariés contestent les estimations avancées par la Troïka concernant les besoins financiers de l’entreprise, et estiment que les perspectives de la société (les commandes en cours notamment) ne sont pas prises en compte.

D’autres sociétés grecques purement privées tentent de se maintenir dans le secteur de la défense, affichant parfois de francs succès (comme la société ELMON  dont on trouve d’ailleurs certains produits sur le marché français).

La disparition d’ELVO aurait cependant de graves conséquences; car si la société a besoin d’être réformée et souffre sans doute de certains défauts de gestion, elle reste d’une grande importance pour la Grèce du point de vue stratégique (c’est la seule entreprise grecque à même d’entretenir certaines types de véhicules militaires notamment), mais aussi du point de vue de l’emploi : elle fait partie des quelques entreprises capables de maintenir en Grèce certains savoir-faire de pointe, et d’absorber ainsi scientifiques et techniciens grecs (trop souvent contraints de s’exiler à l’étranger).

La politique de la Troïka est clairement de « liquider » les actifs grecs pour payer les créanciers; et non d’assurer l’avenir.

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